N°1 / 2023

DataFocus sur un corpus de données longitudinales de trois enquêtes sur les facteurs de La Poste (2005-2018)

Paul Bouffartigue

Résumé

Cet article de données décrit un corpus d’archives d’enquêtes correspondant à une recherche au long cours, ciblée sur les facteurs de La Poste, dans une perspective de sociologie du travail et des groupes professionnels, et d’analyse des transformations du service public postal.  Dirigée par Paul Bouffartigue, elle a mobilisé d’autres chercheurs au fil des différentes opérations de recherche, essentiellement dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, au cours des années 2005-2018. Les données sont surtout des transcriptions d’entretiens. Il s’agit principalement de cent-quarante entretiens individuels - ou de synthèses ou de compte rendus d’entretiens individuels -, conduits auprès de postiers, de syndicalistes et de managers ou de dirigeants d’établissements.

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Introduction

On présente ici un corpus de données qui rassemble l’essentiel des archives d’une recherche au long cours – une quinzaine d’années – ciblée sur les facteurs de La Poste, cette figure sociale populaire et familière du postier. Elle a été dirigée par Paul Bouffartigue, associé à Jacques Bouteiller. La perspective scientifique est celle de la sociologie du travail et des groupes professionnels, et de l’analyse socioéconomique des transformations du service public postal. Trois opérations de recherche sont intervenues au long des années 2000/2010, chacune accompagnée d’une enquête spécifique, toujours en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. La première a débuté en 2005, la dernière s’est achevée en 2018. Les données sont constituées principalement de transcriptions complètes ou de synthèses ou de compte rendus d’entretiens individuels enregistrés, au nombre de cent-quarante et un. Elles comportent également quelques transcriptions complètes d’entretiens collectifs et quelques descriptions ethnographiques. Les entretiens ont été réalisés auprès de postiers en activité - facteurs et colipostiers – mais aussi de syndicalistes, de managers et dirigeants d’établissement de la distribution du courrier et des colis. Ces trois dernières catégories d’interlocuteurs ont été interviewés principalement en tant qu’informateurs privilégiés.

L’ensemble de ces matériaux constitue un corpus d’une taille et d’une diversité significatives dans le domaine scientifique concerné. Sa principale originalité est sa dimension longitudinale. C’est en effet sur une période d’une quinzaine d’année que ce groupe professionnel en transformation rapide a été étudié. De plus, une des unités de distribution a été investiguée à deux moments distincts, au cours des deuxième et troisième enquêtes de terrain, soit en 2013-2014, puis 2016-2017[1]. Six des facteurs de ce bureau de distribution ont pu ainsi être interviewés à deux reprises, à trois ou quatre ans de distance. Quoique relativement court, ce laps de temps a permis de prendre la mesure de la rapidité des changements aux organisationnels et professionnels. L’arrière-plan problématique commun à ces trois opérations de recherche est le suivant : quelles sont les lignes de force qui animent les transformations de la figure sociale des facteurs, compte tenu des implications du processus de libéralisation du trafic postal ?

Une autre spécificité de cette recherche est la mise en œuvre de deux méthodes d’investigation distinctes – entretiens individuels/entretiens collectifs ou focus groupes – au cours de la première et de la seconde enquête. La comparaison des matériaux produits a conduit à des résultats originaux sur lesquels nous revenons plus bas. La fécondité d’ensemble de la recherche s’est traduite par la production scientifique importante : deux ouvrages, trois rapports de fin de recherche, neuf communications dans des colloques, cinq articles dans des revues scientifiques, et cinq chapitres dans des ouvrages de recherche[2]. La dernière enquête, inscrite dans un projet de recherche européen, a également donné lieu à un film documentaire[3]. Certaines publications sont intervenues depuis la dernière enquête. C’est le cas notamment pour les deux ouvrages, parus en 2020. Le premier, Paul Bouffartigue et Jacques Bouteiller, Du facteur au livreur. Dans les coulisses d’un service public en péril (Le Croquant) présente une synthèse de nos travaux sur le cas français. Le second, Paul Bouffartigue et Jean Vandewattyne (dir.), Facteurs en Europe. Le syndicalisme face à la libéralisation et aux mutations des activités postales. Belgique, Bulgarie, Espagne, France, Royaume-Uni (Octares) rend compte des résultats la dernière opération de recherche, dite « NETPoste », dans sa dimension comparative intra-européenne.

Les données liées à la première enquête sont regroupées dans le jeu de données classées sous l’intitulé « 1- Projet précarité et action collective ». Les données liées à la seconde sont regroupées dans le jeu de données « 2- Projet RIPAGE ». Les données liées à la troisième sont regroupées dans le jeu de données « 3- Projet NetPoste. » (cf. infra).

Objectifs de la recherche

Bien qu’étant chacune inscrite dans un questionnement scientifique spécifique, l’unité de ces trois opérations de recherche justifie le rassemblement des données collectées. D’une part, du fait de l’homogénéité de la population étudiée, le groupe professionnel des facteurs et des factrices et colipostier.e.s de La Poste. D’autre part, du fait de l’arrière-plan problématique des trois questionnements : quelles sont les lignes de force qui animent les transformations de la figure sociale des facteurs, compte tenu des implications du processus de libéralisation du trafic postal ? Le contexte des années 2000/2010 est en effet celui de transformations rapides du monde de la Poste et des postiers, sous l’effet notamment de la libéralisation des activités postales européennes et de la numérisation des communications, provoquant une baisse rapide du volume du courrier traditionnel. Ces transformations nourrissent des questionnements sur les scènes publiques et scientifiques s’agissant du devenir du service public postal, et plus largement des services publics et des métiers qui les mettent en œuvre. Les facteurs étant la figure sociale emblématique des postiers et de La Poste, les enquêtes ont porté sur ce métier, au sens large, incluant les colipostiers dédiés à la distribution des colis. Les colipostiers sont représentés dans la population étudiée dans la première enquête, et la dernière des trois enquêtes. En effet, l’activité de distribution de colis a représenté une part croissante du trafic postal compte tenu de l’arrivée de l’internet et de la multiplication des commandes en lignes. Les « facteurs-lettres » eux-mêmes ont vu leur activité de travail et leur métier fortement impacté par cette évolution, ce que traduit le titre de notre dernier ouvrage « Du facteur au livreur ? ».

Depuis les années 1990, le débat public a régulièrement porté sur le devenir des entreprises et services publics confrontés à une construction européenne incitant à leur libéralisation et à leur privatisation. Les postes en sont un cas exemplaire. En France, c’est en 1990 que prend fin l’administration des PTT pour donner naissance à deux entreprises publiques distinctes et autonomes, La Poste d’une part, France Télécom d’autre part. Vingt ans plus tard, en 2010, La Poste devient une société anonyme de droit privé. Ces changements nourrissent de nombreuses controverses. Elles portent notamment sur leurs implications concernant l’emploi et les conditions de travail de leurs travailleuses et travailleurs, en particulier au plan des atteintes à leur santé et à leur santé mentale, médiatisées par une série de suicides.

Largement investiguée par la recherche en sciences sociales depuis les années 1990, La Poste constitue un terrain d’enquête privilégié au regard d’une interrogation de plusieurs dimensions et implications de ces transformations, chacune étant successivement au centre de l’une des trois opérations de recherche. L’objectif général de la recherche se décline en trois objectifs spécifiques. Quelles sont les modalités d’introduction de la flexibilité du travail et de l’emploi, et quelles sont les réponses de l’action syndicale pour tenter de peser sur ces évolutions ? (Enquête n°1) ; comment se traduisent dans le groupe professionnel des facteurs la féminisation du salariat et les différences de genre au regard des dits « Risques Psycho-Sociaux » - risques professionnels qui ont été mis à l’agenda des relations professionnels et de la recherche scientifique sur la santé au travail au tournant des années 2010 ? (Enquête n° 2)[4] ; comment le mouvement syndical fait face, dans divers pays de l’Union Européenne aux implications de la libéralisation et de la baisse du volume du courrier traditionnel ? (Enquête n° 3).

Conduites principalement dans la région marseillaise, y compris pour ce qui est du volet français de la dernière opération, ces trois enquêtes prennent la suite d’autres travaux de recherche conduits ailleurs en France sur La Poste et les postiers, notamment depuis les années 1990 et le tournant dit de la « modernisation » des entreprises et services publics. Elles se caractérisent par un souci de cumulativité avec ces dernières. C’est le cas notamment avec l’enquête socio-ethnographique de référence, conduite au milieu des années 1990 par Marie Cartier : nous avons cherché à y vérifier certaines tendances – comme la féminisation du métier, ou encore les différences dans les attitudes vis-à-vis de la montée en puissance de l’orientation commerciale des activités – tout en adoptant une approche en partie commune, telle l’attention portée aux évolutions sociodémographiques du groupe (Cartier, 2002). C’est le cas également avec un ensemble de recherches socio-économiques soutenues par la Poste elle-même au cours de la même période sur la problématique de la « modernisation » des activités postales (De la Burgade, Roblain, 2006).

Sources et méthodologie de constitution du corpus

Pour chacune des enquêtes, l’accès aux personnes interviewées a été rendu possible par l’intermédiaire à la fois des directions – en particulier des Directions des Ressources Humaines (DRH) – et des organisations syndicales de la Poste. Cette démarche a été facilitée dans la mesure où personnels de direction et managers d’une part, syndicalistes d’autre part, faisaient également partie de la population ciblée par les enquêtes, à la fois au titre d’informateurs privilégiés et d’acteurs des transformations en cours. C’est pourquoi on trouvera dans le corpus de données un grand nombre d’entretiens ou de compte rendus d’entretien auprès de ces derniers, dont cinquante auprès de syndicalistes. La prépondérance numérique des syndicalistes tient au fait que le rôle de l’acteur syndical était privilégié par la problématique de deux des trois opérations de recherche : la première – quelles réponses syndicales à l’extension des formes précaires d’emploi et à la croissance numérique des travailleurs précaires ? – et la troisième – quelles réponses syndicales à la détérioration quantitative et qualitative de l’emploi postal, et à la dégradation du travail et du métier de facteur ?

Au total, une soixantaine d'entretiens ont été conduits auprès de facteurs en activité ; une cinquantaine auprès de représentants syndicaux, facteurs ou anciens facteurs bénéficiant d'un détachement à temps plein ou à temps partiel ; et une trentaine auprès de cadres ou de managers.

Le choix des responsables hiérarchiques interviewés a été tributaire, principalement, de celui des unités de distribution sélectionnées, pour chaque enquête, avec l’accord et le soutien de la direction départementale des activités courrier-colis de La Poste. Celui des syndicalistes s’est opéré d’abord au plan départemental, principalement à partir des deux organisations les plus représentatives, SUD-PTT [5]et FAPT-CGT[6], puis au plan des unités de distribution enquêtées.

La sélection individuelle des postier.e.s interviewé.e.s s’est opérée principalement à l’échelon des unités de distribution étudiées, avec la participation du ou des responsables hiérarchiques de l’unité. Pour la première opération un focus groupe de précaires, non syndiqués, relevant de plusieurs unités de distribution a également été constitué par l’intermédiaire d’une organisation syndicale. Pour la seconde opération un focus groupe mixte de postier.e.s, composé à parité d’hommes et de femmes, a été constitué suite à appel à volontariat dans l’une des unités de distribution.

Pour la première opération de recherche deux unités de distribution ont été choisies pour y interviewer de jeunes factrices et facteurs en CDD. La première est un centre courrier de taille moyenne, dont le climat social est plutôt consensuel et l’usage des CDD est mesuré. La seconde est un centre de grande taille, ayant connu peu avant l’enquête une importante réorganisation et un conflit social d’ampleur, et recourant massivement aux emplois en CDD. Et des jeunes colipostier.e.s impliqués dans une grève ont également été interviewés, collectivement et individuellement.

Pour la seconde opération l’enquête s’est également déroulée principalement au sein de deux unités de distribution de taille et de localisation différentes. La première, « Hugo »[7], compte une quarantaine de factrices et de facteurs et dessert le centre d’une agglomération urbaine de taille moyenne. La seconde, « Les Pins », compte une vingtaine de factrices et de facteurs et dessert une commune périphérique d’une grande agglomération. Pour la première, la moitié des effectifs a été interrogée (n=19), un tiers pour la seconde (n=7).

Pour la troisième opération de recherche l’enquête s’est déroulée de nouveau dans l’unité de distribution « Hugo ». Neuf factrices et facteurs ont été interviewés, dont six l’avaient déjà été au cours de la seconde enquête. Une unité de distribution de colis située dans une grande agglomération a également été investiguée. Six colipostier.e.s ont été interviewés.

On a choisi de constituer le corpus à partir de chacune des trois enquêtes, et en reproduisant pour chacune d’entre elles le même type de regroupement des données : 1. Préparation-Montage ; 2. Collecte-Méthode-Traitements ; 3. Analyse-Publications. La description qui suit en précise les modalités.

Les entretiens individuels de postiers ont fait l’objet d’une analyse de contenu thématique. On en donne un exemple pour ce qui est de la seconde opération de recherche.[8]

Sur quelques résultats originaux de la recherche

On trouvera dans la conclusion de notre livre « Du facteur au livreur. Dans les coulisses d’un service public en péril » (Bouffartigue, Bouteiller, 2020), une synthèse des résultats d’ensemble de la recherche.

On commence par y résumer l’ensemble des dynamiques qui altèrent l’activité et le métier du groupe professionnel des facteurs, historiquement construit comme « honorable » et relativement qualifié. On les met en relation avec ce qui est perçu par les usagers/clients comme une détérioration et une marchandisation du service public. Depuis le début des années 2000, la numérisation des échanges a contribué à considérablement accélérer le déclin du volume du trafic postal en termes d’objets traditionnels de correspondance, favorisant les suppressions massives d’emplois pour les facteurs. La rationalisation techno-organisationnelle s’est quant à elle poursuivie. Le vieillissement démographique du groupe en signale d’ailleurs le déclin numérique. Dans la conscience des facteurs, son existence elle-même apparaît menacée à relativement court terme, comme par un spectre à deux têtes : sa possible disparition, entrevue au rythme de l’effondrement du courrier-lettres ; sa dénaturation, avec la scission entre les deux composantes de l’activité qui faisait l’unité du métier : la combinaison d’une séquence de tri préparatoire de la tournée, puis d’une séquence de distribution sur une portion de territoire d’autant plus familière que le facteur était stabilisé sur « sa » tournée. Si elle se prolongeait, cette décomposition du métier amplifierait des tendances à l’œuvre au plan de la dégradation et de la précarisation des emplois de la distribution, comme l’illustre déjà le secteur des colis.

A ces tendances dominantes s’opposent des dynamiques collectives et individuelles de résistance, peu visibles, mais que nos investigations répétées et approfondies ont mis au jour.

La première est celle de la « révolution silencieuse » de la féminisation du groupe professionnel, phénomène auquel les acteurs de La Poste comme la recherche en sciences sociales ont été très peu attentifs - pour des raisons qui mériteraient d’ailleurs de plus amples investigations. C’est pourtant un phénomène assez unique en son genre, l’avancée rapide vers la parité d’un métier d’exécution initialement très masculin – et exclusivement masculin s’agissant des fonctionnaires recrutés sur concours jusqu’en 1975. Or les factrices semblent bien s’être réappropriées de manière spécifique ce métier et ses temporalités particulières. En témoignent un certain nombre d’indicateurs issus d’exploitations secondaires de l’enquête SUMER 2010, telle l’évaluation par les intéressé.e.s de leur satisfaction au travail[9].

La seconde est la force de la contestation, peu visible – car individuelle et passant par des contournements quotidiens et discrets des règles de travail – de l’évaluation managériale de la charge de travail et de la promotion d’objectifs commerciaux.

La troisième est la critique ouverte, collective et – relativement – plus bruyante prenant la forme d’une « guérilla sociale » tenace au travers tout le territoire national, avec des grèves s’opposant aux suppressions d’emploi et à l’intensification du travail. Même si elle reste défensive et assez peu visible car dispersée géographiquement et asynchrone, cette conflictualité collective témoigne de fortes résistances aux dégradations de la condition professionnelle et sociale des facteurs.

On s’interroge enfin sur les ressources que pourrait fournir à une vision alternative de l’avenir du métier le développement de l’activité de distribution de colis.

On peut relever ici également quelques résultats plus particuliers issus de deux originalités méthodologiques : la confrontation de matériaux issus d’entretiens individuels et d’entretiens collectifs, et la dimension longitudinale de la recherche.

Au cours de la première opération de recherche nous avons constitué, avec un appui syndical, un groupe de paroles  – ou focus group – de six factrices de facteurs sous statut d’emploi précaire – en CDD ou entre deux CDD – réuni à trois reprises, et rémunéré à cette fin[10]. Ce groupe a permis de produire un matériau original et complémentaire par rapport aux entretiens individuels. Il a mis au jour des pratiques absentes ou occultées dans les entretiens individuels conduits auprès des personnes en CDD rencontrés au sein des unités de distribution, comme la pratique du « délai de carence » entre deux CDD imposant souvent une période de chômage non indemnisée. Ce groupe a également souligné, bien plus fortement que dans les propos tenus lors des entretiens individuels, la souffrance associée à l’expérience de la précarité comme vulnérabilité matérielle et dépendance symbolique de l’arbitraire hiérarchique ou bureaucratique. On peut interpréter ce décalage comme résultant de plusieurs phénomènes : une sélection des moins précaires des CDD au sein des unités de distribution, ces derniers étant les plus visibles et les plus proches de la stabilisation contractuelle ; la situation d’entretien individuel comme situation de domination sociale, incitant peu l’interviewé.e à mettre en avant les aspects les plus douloureux de son expérience sociale ; les effets de la dynamique des interactions au sein du groupe occasionnant échanges d’expériences, de prise de confiance en soi et réflexion critique collective[11].

Au cours de la seconde opération de recherche nous avons sollicité, au terme d’une campagne d’entretiens individuels conduite au sein de l’une des unités de distribution, des volontaires pour participer à un groupe de paroles mixte, hommes et femmes, sur le thème des différences de genre au sein du métier[12]. Quelle ne fut pas notre surprise d’y voir participer… trois couples de facteurs/factrices. Or cette situation est statistiquement très minoritaire dans le groupe professionnel. C’est donc une motivation spécifique des couples de facteurs qui a produit cette sélection : on peut penser que quand les deux membres du couple partagent ce même métier, les occasions d’échange autour du travail professionnel et de la répartition des tâches domestiques sont favorisées. D’où la possibilité de traiter deux questions : comment la différence de sexe au sein d’un même métier se manifeste-t-elle, ou non, quand elle se joue aussi au sein de couples a priori parfaitement homogames, et donc a priori plus égalitaires que d’autres ? Cette situation va-t-elle tendre à gommer ou au contraire à révéler des différences ou/et des inégalités ? Le résultat le plus net est le suivant : le partage du même métier au sein de ces trois couples semble, pour l’essentiel, avoir favorisé l’expression collective d’une même rhétorique : rhétorique professionnelle de l’attachement au métier et de la dénonciation de sa dégradation, rhétorique de l’indifférenciation et de l’égalité des sexes au sein de ce métier. Cette dernière converge avec ce que nous avons recueillis en entretiens individuels. Mais on peut se demander si son sens est le même pour les femmes et pour les hommes. Pour les premières on peut penser que la force des affirmations selon lesquelles leur « adaptation » à ce métier et à ce milieu traditionnellement masculin est réussie n’est pas à associer à un sentiment d’avoir eu à conquérir une place et une légitimité qui n’étaient pas acquises : « Une autre forme de résistance féminine consiste à remercier in fine les hommes de les avoir mis à l’épreuve. « Tenir bon » peut alors être présenté comme une opportunité de devenir davantage professionnelle et compétente. Le sexisme est alors décrit comme une sorte de test, de bizutage professionnel dont on sort grandie si on parvient à le dépasser ».

Quant à la dimension longitudinale de la recherche, elle permet, s’agissant des quelques entretiens conduits auprès des mêmes individus d’une unité de distribution trois ou quatre ans après, de mieux connaître leur parcours objectif et subjectif – comme la réalisation ou non d’espérances ou de projets professionnels. Elle a permis également de montrer par exemple qu’un conflit collectif pouvait surgir peu après une campagne d’entretiens individuels mettant tous en avant une situation de résignation. Un tel évènement amène alors à revenir sur des dimensions cachées ou latentes de la situation initiale[13].

Description du corpus

Les données rassemblées correspondent donc pour l’essentiel à trois enquêtes, chacune s’inscrivant dans une opération de recherche contractualisée conduite au Laboratoire d’Economie et de Sociologie du Travail (LEST) d’Aix-en-Provence[14], sous la responsabilité scientifique de Paul Bouffartigue, et se déroulant sur une quinzaine d’années, entre 2005 et 2018 :

  • Opération n° 1 : Enquête DARES « Précarité & action collective » (2005-2007)

  • Opération n° 2 : Enquête RIPAGE « RPS au regard du genre » (2013-2015) 

  • Opération n° 3 : Enquête NETPoste « Les transformations et négociations du travail et de l’emploi dans les activités postales » (2016-2018)

Les dates entre parenthèses correspondent aux conventions de recherche et à l’essentiel des opérations d’enquête.

La constitution et le dépôt du corpus ont été l’occasion d’une organisation rigoureuse et homogène des archives de chacune des opérations de recherche, selon une logique principalement chronologique, en trois séquences : préparation et projet de la recherche ; méthodologie et collecte des données d’enquête ; analyse et publications.

Opération n° 1 : Enquête DARES « Précarité & action collective » (2005-2007)

Le projet de recherche s’intitule « Précarités et action collective : entre mobilisations autonomes et initiatives syndicales ». L’appel à projets de la DARES (30.11.2004) s’intitule quant à lui « Syndicalisme et action collective face aux différentes formes de flexibilité de l’emploi et du travail ». Le projet prévoyait de mobiliser onze chercheurs, dont trois membres du LEST, sur quatre terrains d’enquête : outre la Poste, la restauration rapide (Ile de France), la sous-traitance de site industriel de la région Fos-Etang de Berre, et deux PME en Ile de France. La recherche effective n’a pas mobilisé tous ces chercheurs ni tous ces terrains, le dernier terrain d’enquête n’ayant pas été finalisé. En revanche, Sophie Béroud (Laboratoire TRIANGLE, Lyon) a rejoint cette recherche, avec deux terrains d’enquête dans la région de Lyon (l’usine de poids lourds RVI, et le centre commercial de la Part Dieu). Le terrain des précaires de la Poste a été principalement réalisé par Paul Bouffartigue et Jacques Bouteiller, dans la région marseillaise.

Opération n° 2 : Enquête RIPAGE « Risques Psychosociaux » au regard du genre. Enquête auprès de groupes professionnels en relation avec un public » (2013-2015)

Elle correspond à un contrat avec la Région sous la responsabilité scientifique de Paul Bouffartigue. Le cadre est celui d’un « appel à projets ouvert » - année 2013-N°1- « Domaines d’activités stratégiques », de la région PACA. La réponse a porté sur les « Risques Psychosociaux » au regard du genre. Enquête auprès de groupes professionnels en relation avec un public. Le projet annonçait une enquête à la fois sur les facteurs et factrices de La Poste et sur le groupe très féminisé des employées et conseillères de la banque, ainsi qu’une exploitation secondaire de l’enquête « SUMER » (SUivi MEdicalisé de Risques professionnels)[15] sur ces deux groupes de salariés. Le cas des femmes travaillant dans la banque n’a pu être étudié. L’exploitation secondaire de l’enquête SUMER concernant les facteurs et les factrices a été réalisée, les résultats se trouvant dans le rapport final de l’étude. L’enquête qualitative a été conduite auprès de facteurs et des factrices de la région marseillaise, travaillant dans pour la plupart dans deux unités de distribution : l’une localisée dans la région d’Aix-en-Provence (unité « Hugo »), l’autre dans l’agglomération marseillaise (unité « Les Pins »). Paul Bouffartigue et Jacques Bouteiller ont réalisé l’ensemble des entretiens et des observations.

Opération n° 3 : Enquête NETPoste « Les transformations et négociations du travail et de l’emploi dans les activités postales » (2016-2018)

Elle correspond à un contrat avec la Commission européenne dont la gestion a été confiée au laboratoire METISSE, ULB-Bruxelles.

Le projet scientifique (septembre 2015) est titré « Transformations et négociations du travail et de l’emploi dans les activités postales : Recherche dans six pays de l’UE ». La coordination générale a été assurée par Esteban Martinez (METICES-ULB, Bruxelles), et la coordination scientifique conjointement par Jean Vandewattyne (Service de psychologie du travail, Université de Mons) et Paul Bouffartigue (LEST/AMU/CNRS, Aix-en-Provence). Les données liées au volet français de cette enquête sont regroupées dans le jeu de données 3- Projet NETPoste. L’enquête porte sur des facteurs et des colipostiers travaillant dans plusieurs unités de distribution de la région d’Aix-Marseille. Une partie des enquêté.e.s travaillaient dans l’unité « Hugo », dont certain.e.s avaient déjà été rencontré.e.s dans l’enquête RIPAGE. Dans ce cas, on a conservé leur pseudo initial.

Paul Bouffartigue et Jacques Bouteiller ont réalisé l’ensemble des entretiens et des observations. Outres les publications scientifiques, cette opération de recherche a donné lieu à la réalisation d’un documentaire filmé.

L’arborescence du dépôt se présente comme suit : 

Les fichiers sont regroupés selon l’organisation suivante : d’abord au sein de chacune des trois enquêtes ; puis, dans chacun des jeux de données, selon la même organisation suivante (2ème niveau de l’arborescence) : « Préparation-Montage » ; «Collecte-Méthode-Traitements » ; « Analyse-Publications ». Un quatrième jeu de données regroupe, dans la perspective d’un usage pédagogique, une sélection de quelques transcriptions d’entretien ainsi qu’une description ethnographique d’une tournée.

Au sein de chacun de ces trois premiers jeux de données un 3ème niveau d’arborescence détaille le classement des fichiers selon qu’il s’agit de documents administratifs, de documents méthodologiques, de matériaux d’enquête, ou pour distinguer les différents types de matériaux mis à disposition (entretien individuels, collectifs, notes d’observation).

268 fichiers ont été déposés et ventilés dans cette organisation analytique déclinée de façon détaillée dans le fichier dénommé « Arborescence et comptage », qui intègre le chiffrage des fichiers par rubrique.

Entretiens individuels. Chaque opération de recherche nous a conduit à réaliser une série d’entretiens (n=141) auprès de deux populations : 1- Informateurs privilégiés (n=79) : dont des cadres, managers, responsables, agents de maîtrise d’une part (n=29), et des syndicalistes d’autre part (n=50) ; 2- Des facteurs et colipostiers (n=62).

92 de ces 141 entretiens ont été intégralement transcrits : 51 des 79 entretiens auprès d’informateurs ; 41 des 62 entretiens auprès de postiers. Les entretiens non intégralement transcrits ont fait l’objet de prise de notes et/ou de notes de synthèse. Une partie des entretiens transcrits ont également fait l’objet de notes de synthèse, intégrées dans un seul document relatif à l’entretien.

Il n‘y a pas de règle de nommage spécifique des fichiers pour dissocier les transcriptions des entretiens des notes des enquêteurs. En revanche, l’information est précisée au début du document au niveau du titre. L’identité des chercheurs ayant réalisé l’entretien et/ou la synthèse est également mentionnée.

Entretiens collectifs. Trois entretiens collectifs ont été réalisés : dans le cadre de la première enquête, avec un groupe de parole de salariés en CDD et avec un groupe de grévistes colipostiers ; dans le cadre de la seconde enquête avec un groupe de parole mixte, factrices et facteurs. Ces trois entretiens ont été intégralement transcrits.

Autres matériaux qualitatifs. Sept notes ont été rédigées, dont deux descriptions ethnographiques de tournées : l’une dans le cadre de la première et l’autre dans le cadre de la seconde enquête.

Protocole d’anonymisation des entretiens. Le nom de toutes les personnes interviewées a été soit effacé – notamment pour les informateurs en position d’encadrement ou de management – soit modifié – pour tous les syndicalistes et les postier.e.s. Certains de ces pseudonymes, généralement les seuls prénoms, ont pu être utilisés dans certaines publications scientifiques. Pour ces derniers on a également modifié les noms des établissements dans lesquels ils travaillent, et la plupart des noms propres d’autres personnes qui peuvent avoir été citées en cours d’entretien.

Le choix des pseudonymes renvoie à :

  • Cas le plus général : des pseudos dont la première lettre correspond à la première lettre des vrais prénoms, et/ou dont la consonnance évoque celle du vrai prénom, et cela dans une logique de mémorisation par le chercheur de la correspondance entre les entretiens réalisés et les personnes rencontrées ;
  • Plus rarement : choix d’un pseudo cohérent avec un prénom marqué par l’origine géographique et culturelle de l’interviewé.e.

Protocole de nommage des fichiers. La quasi-totalité des entretiens[16] ont fait l’objet d’une anonymisation. Dans la quasi-totalité des cas, le fichier porte un prénom fictif. On trouvera la correspondance avec leurs fonctions professionnelles ou syndicales occupées dans les tableaux situés dans le chapitre 7. Quand plus d’un fichier portent le même prénom fictif suivi d’un chiffre, il s’agit de la même personne interviewée plusieurs fois. Si on retrouve le même prénom dans deux enquêtes il s’agit bien de la même personne.

Modalités d’accès au corpus

Le corpus est disponible depuis la banque de données du Centre de données sociopolitiques : 

(https://data.sciencespo.fr/dataverse/cdsp

accessible depuis l’entrepôt Datasciencespo : 

(https://data.sciencespo.fr/)

Le jeu de données est référencé dans la sous-collection "données quali" de Datasciencespo :

https://data.sciencespo.fr/dataverse/quali.

Il doit être cité comme suit : BOUFFARTIGUE, Paul, 2023, [Corpus de données]: « Enquêtes sur les facteurs de la Poste (2005-2018) », https://doi.org/10.21410/7E4/Q8JOAT, [LEST CNRS], data.sciencespo, V1

Pour l’heure l’accès est réservé (sur demande) pour les transcriptions et comptes rendus d’entretiens et des observations rassemblés dans les dossiers « Collecte-Méthode-Traitement », ainsi que pour d’autres documents – documents administratifs, documents d’analyse, versions préliminaires de publications – pour un total de 253 documents. L’accès est ouvert pour 15 documents : les documents méthodologiques (notamment les guides d’entretien) ; les projets de recherche ; la documentation proposée pour prendre en main le corpus.

Perspectives de réutilisation du corpus de données

Ce corpus est susceptible d’être utilisée dans trois perspectives, chacune s’adressant à un public spécifique d’usagers.

1-Une perspective pédagogique. Certains entretiens, au nombre de cinq, plus significatifs ou plus riches que d’autres, sont mentionnés en tant que tels, notamment en vue d’une utilisation pédagogique, et sont d’ores et déjà en accès libre. On y a ajouté un document consistant en une description ethnographique de tournée d’une factrice, Corinne. Ces six fichiers ont été placés dans un dossier spécifique, au 1er niveau de l’arborescence (4-Choix d’entretiens observations).

L’ensemble de ces 6 fichiers se retrouvent dans l’enquête RIPAGE (opération 2). La dénomination du fichier d’origine pour chacun a été dupliquée et conservée avec sa dénomination d’origine avec ajout en amont et sous une forme abrégée de l’intitulé du nom de l’enquête et du type d’informateur. S’agissant d’informateurs s’exprimant en tant que représentants des directions ou du personnel, nous n’avons pas jugé utile de pousser l’anonymisation au-delà des noms des personnes. Les cinq entretiens sont : un entretien avec un directeur de PPDC (Plateforme de Préparation et de Distribution du Courrier), réalisé en 2014 ; Deux entretiens avec des responsables syndicaux départementaux : un entretien avec deux militant.e.s de SUD-PTT réalisé en 2014, et un entretien avec un militant de la FAPT-CGT, réalisés en 2015 ; Un entretien avec une factrice, réalisée en 2015 : Ghyslaine ; Un entretien avec un facteur, réalisé en 2015 : Jean. La dénomination du fichier d’origine pour chacun a été dupliquée et conservée en amont. On y a ajouté, sous une forme abrégée, l’intitulé du nom de l’enquête et du type d’informateur.

Cette perspective pédagogique concerne un public d’enseignants et d’étudiants en sciences économiques et en sciences sociales.

2-Une perspective épistémologique et méthodologique. Les données de chacune des trois opérations couvrant les différentes étapes de chaque recherche, de la formulation du projet aux publications qui en sont issues, il est possible d’étudier les choix et bifurcations auxquels le processus de recherche donne lieu. Et, comme on l’a signalé plus haut, la confrontation entre les matériaux collectés par entretiens individuels et par entretiens collectifs réalisés au cours de la première et de la seconde enquête constitue une des originalités de la recherche sur laquelle une réflexion secondaire mériterait d’être réalisée.

Cette perspective concerne un public de chercheurs et d’étudiants en sciences sociales – sociologie, anthropologie, histoire - intéressés à l’épistémologie et à la méthodologie des démarches d’investigation qualitatives.

3-Une perspective de sociologie et d’histoire du groupe professionnel des facteurs. Les usagers pourront avoir accès à des matériaux originaux, situés et datés : plusieurs dizaines entretiens/témoignages à forte composante biographique de factrices et de facteurs sur leurs conditions de travail et d’emploi ; syndicalistes sur les conditions de l’action collective à La Poste ; de responsables situés à divers échelons hiérarchiques de l’encadrement à la distribution du courrier et des colis de La Poste sur les conditions et enjeux de la gestion des activités et des personnels de la distribution.

Cette perspective concerne un public de chercheurs et d’étudiants en sciences sociales intéressés à l’histoire à la sociologie des groupes professionnels, des services publics, du genre, et du syndicalisme, y compris dans une perspective de comparaison internationale. Des thèses engagées dans ces domaines de recherche pourraient y trouver des matériaux complémentaires.

La manière dont les matériaux ont été utilisés est illustrée dans plusieurs publications.

La première modalité s’appuie en les citant sur le mode illustratif. Par exemple avec des extraits du focus groupe de précaires de La Poste, réuni lors de la première enquête (Bouffartigue, 2012) ; ou encore les nombreux extraits d’entretiens cités dans les chapitres 2 (« un groupe professionnel en crise ») 3 (« une révolution silencieuse ») ou 4 (« Charge de travail : une évaluation contestée ») du livre Du facteur au Livreur ? (Bouffartigue, Bouteiller, 2020). Beaucoup plus rare a été possible la confrontation de matériaux produits en situation d’entretien et en situation d’observation directe, comme dans ce chapitre 2. C’est le cas pour une factrice Corinne (p. 97-101) : son discours louant la fin du système de « fini parti » en termes de passage de « stress » à « non stress », ou encore l’importance accordée à la dimension relationnelle de la distribution peut être mis en tension avec nos observations : le rythme très élevé du travail en début de tournée, et la faible durée objective des interactions avec les usagers/clients.

La seconde modalité est celle d’une étude de cas, celle du parcours d’une seule factrice, interviewée dans le cadre de la seconde opération de recherche (Bouffartigue, 2015). On y montre comment un grand nombre de traits biographiques singuliers peuvent se révéler pertinents pour dessiner le portrait d’une génération de femmes « pionnières » dans le métier.

Précisons enfin que l’anonymisation des personnes interviewées a été réalisée de manière à ce qu’elles puissent être citées dans le respect des règles légales sur la protection des données personnelles.

Conclusion

La réunion puis la mise en forme de ce corpus de données, dans la mesure où il n’avait pas du tout été produit dans la perspective d’un dépôt d’archives, a certes nécessité un travail important. Mais cette démarche a aussi été très stimulante. Elle m’a permis de mieux prendre la mesure de la forte continuité d’un questionnement scientifique, au-delà d’une diversité des opérations de recherche liée aux opportunités de financement. Car cette continuité avait été en partie masquée par la spécificité de la problématique propre à chaque opération. Dans l’immédiat cette mise en forme me permet de m’orienter personnellement beaucoup plus rapidement dans l’ensemble de ces données. De même qu’elle permettra à un public d’utilisateurs, académiques ou extra-académique, de satisfaire sa curiosité à propos des sources et des traitements sur lesquels reposent nos publications relatives aux postiers.

Références bibliographique

Les références présentées ci-dessous ne comprennent pas les communications à des colloques ni les rapports de fin de recherche.

Enquête « Précarité et action collective »

Bouffartigue, P. (2008). Précarités professionnelles et action collective : La forme syndicale à l'épreuve ». Travail et emploi, 116, 33-44. https://doi.org/10.4000/travailemploi.4045

Bouffartigue, P. (2009). Attendre le CDI pour faire grève et se syndiquer. Précaires et action collective à la Poste, Dans S. Béroud et P. Bouffartigue (dir.), Quand le travail se précarise. Quelles résistances sociales ? (p. 133-147), La Dispute.

Bouffartigue, P.  (2010). L'emploi à statut au miroir de ses marges. Précaires à La Poste dans les années 2000, Dans M. Cartier, J.-N. Retière et Y. Siblot (dir.), Le salariat à statut. Genèse et cultures (p. 287-300), Presses Universitaires de Rennes.

Bouffartigue, P. (2012). Ambivalences dans l’expérience du travail précaire. Paroles de postiers, Dans P. Cingolani (dir.), Un travail sans limites. Subordination, tensions, résistances (p. 101-118), Erès.

Enquête « RIPAGE », « Risques psychosociaux au regard du genre »

Bouffartigue, P. (2015). Pionnière à son insu. Ghyslaine, 55 ans, factrice, La Nouvelle Revue du Travail, 7, https://doi.org/10.4000/nrt.2420

Bouffartigue, P., Bouteiller, J. (2019). Facteurs dans la tourmente. Quand de nouveaux horaires précipitent la déstabilisation d’un métier, Socio-économie du travail, 2(6), 27-58.

https://doi.org/10.15122/isbn.978-2-406-10053-9.p.0027

Bouffartigue, P., Bouteiller, J. (2021). Santé et genre dans un métier mixte. L’énigme des facteurs, Les Mondes du travail, 26

https://lesmondesdutravail.net/2013/wp-content/uploads/2021/06/LMDT26Web.pdf

Enquête « NetPoste », « Les transformations et négociations du travail et de l’emploi dans les activités postales »

Bouffartigue, P., Bouteiller, J. (2020c). Quand la flexibilité s’impose en dehors de la négociation collective. Les transformations du métier de facteur à la Poste, Dans T. Berthet et C. Vanuls (dir.), Vers une flexicurité à la française (p. 119-134), Octares.

Bouffartigue, P., Bouteiller, J. (2020b). France : aux marges de la négociation, au cœur des conflits », Dans P. Bouffartigue et J. Vandewattyne (dir.), Facteurs en Europe. Le syndicalisme face à la libéralisation et aux mutations des activités postales : Belgique, Bulgarie, Espagne, France et Royaume Uni (p. 199-238), Octares.

Bouffartigue P., Vandewattyne J. (dir.) (2020). Facteurs en Europe. Le syndicalisme face à la libéralisation et aux mutations des activités postales : Belgique, Bulgarie, Espagne, France et Royaume Uni, Octares.

Bouffartigue, P. (2022). Les effets délétères d’une gouvernance par les nombres [Discussion de l’ouvrage Le Caché de La Poste. Enquête sur l’organisation du travail des facteurs de N. Jounin], Sociologie(s), https://doi.org/10.4000/sociologies.18185

Ouvrage de synthèse sur les facteurs en France

Bouffartigue P., Bouteiller, J. (2020a). Du facteur au livreur ? Dans les coulisses d’un service public en péril, Le Crocquant.

Autres références

Cartier, M. (2002). Les facteurs et leur tournée. Un service public au quotidien, La Découverte.

De la Burgade, E., Roblain, O. (dir.) (2006). Bougez avec la Poste. Les coulisses d’une modernisation, La Dispute.


[1] Il s’agit de l’unité de distribution « Hugo », desservant le centre-ville d’une agglomération de taille moyenne du département des Bouches-du-Rhône.

2] Voir la bibliographie en fin d’article.

3] Facteur, où vas- tu ? Réalisation Jean-Christophe Besset : https://vimeo.com/472985449

4] Le drame des suicides liés au travail a notamment touché alors de plein fouet l’entreprise « cousine » de La Poste, France Télécom-Orange, issue on le sait de la même matrice historique, l’administration des « PTT ».

5] Solidaires Unitaires Démocratique-Postes Télégraphe Téléphone.

6] Fédération des Activités Postales et de Télécommunication, Confédération Générale du Travail.

7] Ces noms sont des pseudonymes.

8] Opération « RIPAGE » : dossier « Analyse-publication »/dossier « Méthodologie »/dossier « Découpage thématique ».

9] Ces points sont développés dans le rapport de fin de recherche de l’opération « RIPAGE », ainsi que dans le livre « Du facteur au livreur ? », chapitre 3, « Une révolution silencieuse » (Bouffartigue, Bouteiller, 2020a, p.79-108).

10] La transcription de ces trois réunions, intitulée « Groupe de paroles précarité », se trouve dans le jeu de données « Précarité et action collective »/« Collecte-méthode-traitement » /« Transcriptions et observations »/ « Entretiens collectifs » (cf. l’arborescence précisée en note 1.)

11] On a développé cette réflexion dans Bouffartigue, 2012. 

12] La transcription de cette réunion se trouve dans jeu de données « RIPAGE »/ « Collecte-méthode-traitement »/ « Entretiens »/ »/« Entretien.postiers.collectif.mixte ». La note de travail commentant cette réunion se trouve dans le dossier « RIPAGE »/ « Analyse-Publications »/ « Groupe de parole.»

13] On évoque cet exemple dans Bouffartigue, Bouteiller, 2020a, p. 189-190.

14] Au moment de la rédaction de cette présentation le LEST est une Unité Mixte de Recherche Aix-Marseille-Université/CNRS (n° 7317).

15]

https://www.cnis.fr/enquetes/enquete-surveillance-medicale-des-expositions-des-salaries-aux-risques-professionnels-sumer-2016-2017/ (consulté le 1re décembre 2023).

16] Sauf un entretien, réalisé auprès d’un responsable syndical européen

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